Rendez-vous à la 25e édition de la Biennale de Sydney !
Depuis plusieurs mois, Le Grand Tour compose avec passion son troisième chapitre consacré à la Biennale de Sydney, qui ouvre ses portes au public le 14 mars 2026.
Sous la direction artistique de Hoor Al Qasimi, cette nouvelle édition est placée sous le thème de Rememory. Ce concept, emprunté à la romancière africaine-américaine Toni Morrison, invite les artistes à explorer les fragments du passé, les mémoires refoulées et les récits marginalisés de l’Histoire pour mieux regarder notre présent et éclairer notre futur.
De la White Bay Power Station au Campbelltown Arts Center, en passant par l’Art Gallery of New South Wales, le Chau Chak Wing Museum et la Penrith Regional Gallery, cette édition tisse des liens très étroits avec Sydney et ses habitants.
Au programme, 83 artistes et collectifs, 37 pays et 143 œuvres…
Voilà déjà de quoi éveiller votre curiosité !
Vernon Ah Kee
Hoda Afshar
Brook Andrew
Behrouz Boochani
CAMP
Lamia Joreige
Ngurrara artists
Dread Scott
Rose B. Simpson
Nikesha Breeze
Les archives résident dans le corps, l’âme et l’esprit
Dans la salle des turbines de la White Bay Power Station, un immense baobab blanc émerge, inattendu. Drapé de voiles de coton, il semble flotter en apesanteur, malgré sa hauteur vertigineuse – ses branches effleurent le plafond depuis le deuxième étage. Est-ce un mirage ? Le visiteur, intrigué, s’avance à pas feutrés vers l’arbre ancestral. Nikesha Breeze (née en 1979), tout de blanc vêtue, nous invite alors à en franchir le seuil. On pénètre dans l’installation comme dans un sanctuaire, le cœur ouvert à l’introspection et à la contemplation.
Ema Shin
On ne voit bien qu’avec le coeur
Au sein du Chau Chak Wing Museum, c’est un immense cœur qui se déploie sous nos yeux. Puisant dans le répertoire traditionnel de l’artisanat japonais et coréen, Ema Shin présente ici une œuvre monumentale où s’entrecroisent les techniques ancestrales et les méthodes industrielles de la confection textile. Depuis Melbourne, où elle vit, l’artiste nous livre un récit personnel sur sa pratique artistique, tissée d’histoires familiales et collectives autour des notions d’artisanat et de questions de genre.
Bruce Johnson McLean
Avant, pendant, EVERYWHEN
Comment nommer un monde où le passé n’est jamais derrière, où les histoires continuent d’habiter les lieux, les corps, les œuvres ? En Australie, on parle d’everywhen pour tenter d’approcher une conception du temps qui résiste à la ligne droite. À quelques semaines de l’ouverture de la biennale, le commissaire des Premières Nations de la Fondation Cartier pour l’art contemporain, nous parle de la préparation de cette 25e édition. Entre tensions nationales et gestes de création, son travail tient dans cet équilibre : être là, soutenir, et faire en sorte que les œuvres puissent advenir.
Cannupa
Hanska Luger
Prélude en air majeur
À la White Bay Power Station, le silence industriel s’ouvre à des voix venues d’ailleurs. Des crânes de dingo en céramique font vibrer l’espace, portés par un souffle mécanique qui réveille des échos anciens. Entre grotte contemporaine et rituel technologique, l’œuvre de Cannupa Hanska Luger brouille les frontières entre le vivant et la machine.
Nikesha Breeze
Living Histories
Dans la salle des turbines, un immense baobab blanc émerge, inattendu. On pénètre dans l’installation comme dans un sanctuaire, le cœur ouvert à l’introspection et à la contemplation. On déambule, on s’attarde, on prête l’oreille aux récits de celles et ceux dont l’artiste ravive ici la mémoire. Les voix d’anciens esclaves affleurent dans un murmure à peine audible. Il faut s’approcher, presque se recueillir, pour en saisir quelques fragments. Plus loin, des visages surgissent, souverains, sur d’immenses cyanotypes imprimés sur des lés de coton. Ici, les archives ne se lisent pas – elles se traversent et se ressentent.
Cannupa Hanska Luger
Volume (III White Bay Power Station)
À la White Bay Power Station, Cannupa Hanska Luger nous parle de son installation VOLUME (III White Bay Power Station). Dans le silence d’un vieux bâtiment industriel, des crânes de dingo en céramique font vibrer l’espace, portés par un souffle mécanique qui réveille des échos ancestraux. Dans ce coeur de hurlements, l’artiste brouille les frontières entre le vivant et la machine.
Rossella Biscotti
Saturated Salty Mud Stories
Pour le septième épisode de notre série en compagnie des artistes de la Biennale de Sharjah, Le Grand Tour donne la parole à Rossella Biscotti, que nous avons rencontrée à Al Mureijah Square. L’artiste nous livre ici un aperçu de son installation sculpturale et ondoyante, “Saturated Salty Mud Stories”.
Jorge González Santos
Jatibonicu
Pour le sixième épisode de notre série en compagnie des artistes de la Biennale de Sharjah, Le Grand Tour donne la parole à Jorge González Santos, que nous avons rencontrée à Al Mureijah Square. L’artiste évoque ici les détails d’une oeuvre participative, “Jatibonicu”.
M'hammed Kilito
Kafila
Bait AI Serkal
Le Grand Tour donne la parole à M’hammed Kilito, que nous avons rencontré à Bait Al Sarkal. L’artiste nous livre ici quelques pistes de réflexion au sujet d’un projet au long cours « Kafila« , dont il dévoile ici le chapitre réalisé dans l’Oasis de Figuig, au Maroc.
Mahmoud Khaled
Pool of Perspectives 2030
Miroirs et mirages
De Lisbonne à Sharjah, en passant par Istanbul, Mahmoud Khaled nous plonge dans un décor architectural saisissant.
Toute en trompe-l’œil, son œuvre se fait le miroir d’une ville futuriste, où se reflètent subtilement imaginaire capitaliste et rhétorique du pouvoir.
Le Grand Tour est LA nouvelle revue des biennales d’art contemporain
Pour son troisième numéro, Le Grand Tour fait venir la Biennale de Sydney à tous ceux qui n’iront pas.
À l’autre bout du monde, cette 25e édition, construite autour du thème Rememory, explore les enjeux de mémoire et de transmission, dans un contexte profondément marqué par les voix et les luttes des artistes des Premières Nations. Le Grand Tour vous propose une traversée intellectuelle et esthétique au cœur de cet événement.
Au programme : une préface signée Brook Andrew ; les portraits de Cannupa Hanska Luger, Lamia Joreige, Dread Scott, Nahom Teklehaimanot, Behrouz Boochani, Vernon Ah Kee, Hoda Afshar et CAMP…
et de nombreuses conversations avec Nikesha Breeze, Ema Shin, Rose B. Simpson, Bouchra Khalili, les Ngurrara Artists et Bruce Johnson McLean, le commissaire des Premières Nations de la Fondation Cartier pour l’art contemporain. Ce numéro rassemble également les contributions de critiques et d’auteurs passionnés esquissant des itinéraires à travers les lieux emblématiques et plus confidentiels de la biennale.
Dans les pas des commissaires
Pendant la Biennale, Le Grand Tour invite des commissaires à guider vos pas à travers leurs expositions incontournables.
Autrice reconnue, elle publie régulièrement dans de nombreuses revues australiennes et internationales, dont The Guardian, The Saturday Paper, SBS, The Sydney Morning Herald, ArtReview et Vogue.
Directrice de l’Art Gallery of New South Wales, elle œuvre au rayonnement de l’institution tout en défendant l’art contemporain des Premières Nations et de la région Asie-Pacifique.
Directeur artistique de l’ACCA, il s’intéresse aux enjeux de diversité culturelle, de genre et de sexualité dans l’art contemporain. Il a précédemment été commissaire à la National Gallery of Victoria pendant plus de huit ans.
Commissaire d’exposition et autrice indépendante, elle a travaillé à l’Art Gallery of Western Australia. Elle a participé au programme Biennale Delegates de Creative Australia en 2024 et siège au conseil de un Projects.
Biennale de Sharjah 2025 - Perspectives
Soigner ses héritages.
Philosophie de la création
Aymen Tahin, doctorant en philosophie, spécialiste de l’esthétique et de l’histoire de l’art décoloniale au Maroc, nous livre ici quelques clés de lecture pour aborder la pensée philosophique de la création chez les artistes du monde arabe, des années 1945 à nos jours. Ou comment «soigner ses héritages », pour regarder vers l’avenir.
L’histoire de l’art du monde arabe
En 2008, l’historienne de l’art irako-américaine Nada Shabout se demandait de manière un peu provocatrice si l’art arabe moderne était un art sans histoire (de l’art). Mais peut-on encore se poser la question aujourd’hui ?
Que transportons nous,
en nous, avec nous ?
Depuis Sharjah, Marziah Rashid nous livre quelques pistes pour tenter de naviguer dans cette biennale, et d’en saisir sa riche polyphonie. Placée sous le thème to carry, la Biennale de Sharjah offre une déambulation poétique à travers l’émirat. Portée par un quintet de curatrices issues de différentes régions du monde, cette édition célèbre les solidarités transgénérationnelles et transfrontalières du Sud global.