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Bahar

Sayed

Bahar Sayed

Bahar Sayed

Publié le 06/05/2026

Bahar Sayed est commissaire d’exposition et autrice indépendante. Elle a travaillé à l’Art Gallery of Western Australia et a participé au Creative Australia’s International Biennale Delegates Program en 2024. Elle siège actuellement au conseil d’administration de un Projects.

Dorothy Cross – Red Road (2021)
Du marbre rouge poli recouvre le sol du musée, telles des dalles formant une allée. Des pieds surgissent de ce même matériau, sur lequel ils marchent, tentant de trouver leur chemin à la surface de la pierre. Ces couches de sédiments sculptées racontent une histoire de mouvement. Rappelant à la fois les fossiles et la chair, l’œuvre évoque les horreurs liées aux déplacements de populations et aux migrations forcées à travers des paysages inhospitaliers.
◼︎ Chau Chak Wing Museum, Sydney

 

Hoda Afshar, Vernon Ah Kee, Behrouz Boochani – Code Black/Riot (2025)
Code Black/Riot met en lumière l’incarcération massive des jeunes des Premières Nations en Australie, un système sévèrement critiqué pour ses violations répétées des normes internationales en matière de droits humains. Composé de peintures, de vidéos, de photographies et de textes, ce projet collaboratif fait référence à une série de codes régissant le comportement dans les centres de détention pour mineurs. L’esprit de persévérance de ces jeunes est au cœur du récit, alors qu’ils témoignent des abus commis par le système judiciaire australien. Ce projet replace leurs expériences dans le contexte d’une stratégie coloniale plus large de répression punitive censée rester invisible.
◼︎ Campbelltown Arts Centre & Chau Chak Wing Museum, Sydney

 

Kulpreet Singh – Indelible Black Marks I (1) / (3) / (4) / (6) / (11) / (12) / (13) / (17) / (18)
(2021-2022)
Cette série d’œuvres délicates sur papier, réalisée au moyen d’encre typographique, de points découpés au laser et de marques de brûlures, évoque les réalités agricoles dans la région du Pendjab, en Inde, et en particulier les moyens de subsistance des agriculteurs face à la crise écologique et la violence d’État. Ces œuvres dénoncent la répression meurtrière menée par le gouvernement contre les agriculteurs qui protestaient contre les intérêts des grandes entreprises et les lois anti-agricoles en 2020-2021. Marqué par ces dommages, le papier se fait l’écho de cette brutalité. Sa fragilité est quant à elle le miroir de l’instabilité des systèmes bureaucratiques face à l’effondrement environnemental, lui-même causé par l’activité massive de l’homme sur terre.
◼︎ Penrith Regional Art Gallery, Sydney

 

CAMP – Sydney Opera (2026)
Ce panorama cinématographique de Sydney a été filmé à l’aide d’une caméra de vidéosurveillance PTZ installée sur le toit du lieu de l’exposition. Des vues panoramiques balayent la ville, zoomant sur des lieux et des conversations chorégraphiées ; une manière de mettre en évidence l’ampleur et les capacités de la technologie de surveillance. Pourtant, son omniprésence est remise en cause par ses propres mécanismes. Les personnes ciblées s’adressent avec défi à une caméra qu’elles ne peuvent pas voir, relatant des histoires de protestation contre les industries coloniales et commerciales australiennes. Le film se déploie à travers une succession de plans dont l’image est dégradée, révélant la présence matérielle et instable de la surveillance.
◼︎ White Bay Power Station, Sydney