Rose B. Simpson
Marcher pieds nus dans le froid, sentir le sol craquer sous ses pas, avancer dans la conscience des sensations. Chez Rose B. Simpson, le geste artistique commence par une manière de se tenir dans le monde avec respect et gratitude. Pour la Biennale de Sydney, elle renonce aux formes monumentales qui ont marqué sa pratique pour s’engager dans un protocole volontairement minimal : un film, un vêtement de lin blanc, et une marche filmée dans des paysages proches de chez elle au Nouveau-Mexique. Peu d’objets, peu de moyens, mais une attention accrue à ce que chaque geste engage.
Bouchra Khalili
On se souvient de l’émotion profonde que nous avait procurée notre rencontre avec l’œuvre de Bouchra Khalili à la Biennale de Venise, en 2024. Elle y présentait The Mapping Journey Project, un travail conçu sur plusieurs années, entre 2008 et 2011, pour lequel elle avait recueilli les témoignages de ceux dont la vie fut marquée par des trajectoires de déplacement forcé. Huit vidéos filmées en plans fixes, avec la carte pour seul motif, déjà omniprésente dans l’œuvre de l’artiste. Mêlant le geste à la parole, les participants retraçaient sur celle-ci leur parcours de migration, faisant apparaître la carte comme un espace de résistance « autre » capable de transcender les frontières.
Galeristes à Sydney
En marge de la biennale, Le Grand Tour vous invite à emprunter un chemin de traverse pour explorer un autre secteur essentiel de l’art contemporain à Sydney : les galeries. Dans cette correspondance croisée menée entre décembre 2025 et mars 2026, cinq voix se sont prêtées au jeu des échos et des regards : Ursula Sullivan et Joanna Strumpf, cofondatrices de la galerie Sullivan+Strumpf ; D’Lan Davidson, à la tête du réseau des D Lan Galleries ; Chloe Morrissey, directrice associée chez COMA ; et Toby Meagher, qui dirige Michael Reid à Sydney et son antenne à Berlin.
Ngurrara Artists
Il est, dans l’art, des instants qui agissent comme des épiphanies. Des rencontres qui ébranlent vos croyances et défont vos certitudes. Des œuvres qui modifient durablement votre rapport au monde. Ngurrara Canvas II fait partie de celles-ci. Cette toile monumentale est née du geste conjoint de quarante et un artistes, tous issus du Ngurrara Country [pays Ngurrara], territoire ancestral des peuples aborigènes de l’Australie-Occidentale, parmi lesquels on retrouve les groupes linguistiques Walmajarri, Wangkajunga, Mangala, Juwaliny et Manjiljarra.
Anthony Gardner
Quelle chance de pouvoir ouvrir ce troisième numéro avec les mots d’Anthony Gardner, dont les réflexions nous accompagnent depuis le lancement de la revue en 2023 ! Professeur à l’université d’Oxford travaillant à la lisière de l’histoire de l’art et des sciences politiques, il est pour nous une référence, un guide dans cette culture biennale, dont il interroge les rouages dans un ouvrage coécrit avec Charles Green en 2016. Pour Le Grand Tour, il revient sur la place accordée à la capitale australienne – où il a grandi – dans la cartographie mondiale de l’art contemporain.
Bruce Johnson McLean
Comment nommer un monde où le passé n’est jamais derrière, où les histoires continuent d’habiter les lieux, les corps, les œuvres ? En Australie, on parle d’everywhen pour tenter d’approcher une conception du temps qui résiste à la ligne droite. À quelques semaines de l’ouverture de la biennale, le commissaire des Premières Nations de la Fondation Cartier pour l’art contemporain, nous parle de la préparation de cette 25e édition. Entre tensions nationales et gestes de création, son travail tient dans cet équilibre : être là, soutenir, et faire en sorte que les œuvres puissent advenir.
Ema Shin
Au sein du Chau Chak Wing Museum, c’est un immense cœur qui se déploie sous nos yeux. Puisant dans le répertoire traditionnel de l’artisanat japonais et coréen, Ema Shin présente ici une œuvre monumentale où s’entrecroisent les techniques ancestrales et les méthodes industrielles de la confection textile. Depuis Melbourne, où elle vit, l’artiste nous livre un récit personnel sur sa pratique artistique, tissée d’histoires familiales et collectives autour des notions d’artisanat et de questions de genre.
Nikesha Breeze
Au sein du Chau Chak Wing Museum, c’est un immense cœur qui se déploie sous nos yeux. Puisant dans le répertoire traditionnel de l’artisanat japonais et coréen, Ema Shin présente ici une œuvre monumentale où s’entrecroisent les techniques ancestrales et les méthodes industrielles de la confection textile. Depuis Melbourne, où elle vit, l’artiste nous livre un récit personnel sur sa pratique artistique, tissée d’histoires familiales et collectives autour des notions d’artisanat et de questions de genre.







