On ne voit bien
qu’avec
le cœur
Les sculptures d’Ema Shin sont rougeoyantes, mystérieuses, poétiques. Au premier regard, il est difficile d’identifier la forme de ces organes délicats, qui évoquent à la fois des parties de l’anatomie humaine et des créatures sous-marines que l’on aurait déplacées de leur habitat naturel. À leur surface, tout un écosystème semble affleurer : fils, perles, fleurs, nacres et broderies peuplent ces organismes d’un abondant réseau de nervures, de cordages et de valves finement exécutés par la main de l’artiste. Minutieusement ouvragées, ces sculptures produisent un effet visuel haptique saisissant.
Au sein du Chau Chak Wing Museum, c’est un immense cœur qui se déploie sous nos yeux. Puisant dans le répertoire traditionnel de l’artisanat japonais et coréen, Ema Shin présente ici une œuvre monumentale où s’entrecroisent les techniques ancestrales et les méthodes industrielles de la confection textile.
Depuis Melbourne, où elle vit, l’artiste nous livre un récit personnel sur sa pratique artistique, tissée d’histoires
familiales et collectives autour des notions d’artisanat et de questions de genre.



