Shivanjani Lal : Rememory
Le Grand Tour chemine, de biennale en biennale, d’expériences en installations, d’interviews en conversations. Des relations se tissent, des discussions adviennent et se prolongent. C’est cela que nous cherchons, ce qui nous transporte, ce qui déplace le regard et la pensée. De la Cité internationale des arts de Paris jusqu’aux Biennales de Sharjah et de Sydney, nous avons poursuivi avec Shivanjani Lal une conversation engagée de longue date.
Brook Andrew
NIRIN, la 22e Biennale de Sydney, a profondément marqué ma vie. Au départ, j’ai été surpris qu’une biennale de cette envergure m’invite, même si, bien sûr, d’autres artistes avaient déjà été nommés directeurs artistiques de biennales internationales auparavant. Mais en tant qu’artiste né à Sydney, sur le territoire des Gadigal, et ayant grandi au sein de communautés autochtones et immigrées très soudées, c’était pour moi un rêve devenu réalité.
AIDE-MÉMOIRE
Sous la direction artistique de Hoor Al Qasimi, la 25e édition de la Biennale de Sydney emprunte son titre, Rememory, au répertoire littéraire de l’écrivaine africaine-américaine Toni Morrison ; un concept tiré de son roman Beloved (1987), désignant une mémoire qui refuse de rester enfouie. À Sydney, la biennale se parcourt à tâtons comme on explore la mémoire.
Biennale de Sydney : Mode d'emploi express
Créée en 1973 à l’initiative de Franco Belgiorno-Nettis, la Biennale de Sydney est l’une des plus anciennes biennales d’art contemporain au monde – souvent présentée comme la troisième après Venise et São Paulo. Elle naît d’un objectif clair : rompre avec la « tyrannie de la distance » qui isole l’Australie des grands centres culturels, et inscrire Sydney dans une cartographie artistique internationale.
Devenir un artiste de biennale en 10 étapes
Jerry Saltz a déjà répondu à la question Comment devenir un artiste ? dans son best-seller éponyme paru en 2020. « Pour beaucoup, devenir artiste est le rêve de toute une vie », déclare-t-il. Et pour beaucoup d’artistes, devenir l’un de ceux qui exposent en biennale est sans doute un rêve tout aussi ambitieux.
Les revues d’art face à l’Histoire
Que seraient les biennales sans les critiques qui les accompagnent ? Depuis les années 1980, décennie durant laquelle on a vu fleurir des biennales aux quatre coins du monde, des revues consacrées à la critique d’art ont émergé, scrutant ces événements en même temps que l’art contemporain connaissait un tournant global.
Biennale de Sharjah : mode d’emploi express
Tout commence en 1993 avec une exposition à la tonalité encore académique, principalement ancrée dans le monde arabe et imaginée par le Département de la Culture de Sharjah. Personne ne se doute alors que cette initiative va donner naissance à l’une des plateformes les plus audacieuses du monde de l’art contemporain.
Bouchra Khalili,
La constellation Sharjah
J’ai visité Sharjah pour la première fois en 2010, à l’occasion de la 3e édition des March Meetings. À l’époque, j’étais encore une très jeune artiste, sortie d’école d’art depuis quelques années à peine. J’étais honorée de faire partie d’un groupe d’intervenants éminents, dont Okwui Enwezor, que j’ai rencontré pour la première fois, en personne, à cette occasion.
Que transportons-nous, en nous, avec nous ?
L’histoire de l’art moderne du monde arabe
En 2008, l’historienne de l’art irako-américaine Nada Shabout se demandait de manière un peu provocatrice si l’art arabe moderne était un art sans histoire (de l’art). Mais peut-on encore se poser la question aujourd’hui ?
Soigner ses héritages
Philosophie de la création
Aymen Tahin, doctorant en philosophie, spécialiste de l’esthétique et de l’histoire de l’art décoloniale au Maroc, nous livre ici quelques clés de lecture pour aborder la pensée philosophique de la création chez les artistes du monde arabe, des années 1945 à nos jours. Ou comment « soigner ses héritages », pour regarder vers l’avenir.



















