Les biennales à voir cette rentrée
C’est la rentrée pour Le Grand Tour ! Pour l’occasion, on vous partage les cinq biennales à ne pas manquer ces mois-ci. De Lyon à Bangkok en passant par Venise, la Ruhr et Busan, l’art investit les espaces urbains, les lieux en friche, les temples autant que les grands musées d’art contemporain. On y déambule, tout en préparant notre prochain numéro, prévu en juin 2027 !
Crédit image : Bagus Pandega et Kei Imazu, Artificial Green by Nature Green 4.0 (détail), 2024 © Courtesy de l’artiste.
Busan
29 août – 1er novembre 2026
Dissident Chorus sonne comme une vibration collective. À Busan, dans cette immense baie ouverte sur le Pacifique, les artistes nous rappellent combien le son peut être un lieu de résistance collective : des chants de protestation militante interdits en Corée aux rythmes des dernières clubs techno de la scène locale, la biennale est pensée comme chorale polyphonique qui met à l’honneur celles et ceux qui luttent contre l’ordre établi. On avait suivi l’une de ses curatrices, Amal Khalaf, à Sharjah, où sa vision curatoriale, attentive au contexte local et aux pratiques partagées, nous avait séduits. À Busan, en duo avec la commissaire belge Evelyn Simons, elle poursuit son engagement, invitant artistes coréens et internationaux à dépasser l’espace, trop sage, du musée.
Crédit image : Hyunsung Park, We Were Trembling as if in Cold Water (détail), 2026 © Courtesy de l’artiste.
Lyon
19 septembre – 13 décembre 2026
Lyon, ville de soieries, de traboules, de quenelles – et, depuis 1991, de biennale d’art contemporain. Pour cette 18e édition, Catherine Nichols est aux commandes, une commissaire australienne basée à Berlin, passée notamment par Manifesta 14 à Pristina. Son projet prend appui sur les Principes d’économie poétique de Robert Filliou – un artiste Fluxus qui, dans les années 1960-70, avait eu l’idée géniale de théoriser une économie fondée sur la générosité plutôt que sur le profit. Utopique ? Oui. Séduisant ? Absolument. Les expositions investiront des lieux comme La Sucrière et Les Grandes Locos, ces anciennes friches industrielles que Lyon a su transformer en terrain de jeu pour l’art contemporain. On ne sait pas encore exactement ce que ça donnera, mais l’idée de débarquer à Lyon à l’automne, entre une exposition sur la générosité et un bon bouchon, nous donne envie de réserver dès maintenant !
Crédit image : Hilary Galbreaith, Be Our Guest, 2024 © Courtesy de l’artiste.
Bangkok
29 octobre 2026 – 28 février 2027
Ici, l’art ne se visite pas vraiment, il se croise au gré des pérégrinations. Les œuvres apparaissent là où on ne les attend pas : dans les temples de Wat Pho, Wat Arun ou Wat Prayoon, mais aussi dans d’immenses complexes contemporains vertigineux. Les premiers artistes annoncés nous sont, pour la plupart, inconnus – ce qui ne fait qu’aiguiser encore notre curiosité. On imagine déjà le programme : expos le matin, traversée du Chao Phraya au coucher du soleil, et la nuit sur des rooftops qui ont l’air déments. Officiellement, on dira qu’on y va pour l’art.
Crédit image : Haritorn Akarapat, The Horde, 2024. Photo : Bangkok Post © Courtesy de l’artiste.
Ruhr
21 juin – 04 octobre 2026
Après Pristina et Barcelone, Manifesta prend ses quartiers dans la Ruhr, ancien poumon industriel de l’Allemagne. Sous la direction de l’architecte et urbaniste Josep Bohigas Arnau, l’édition part d’un terrain inattendu : le rôle des églises dans la reconstruction d’après-guerre, aujourd’hui vidées de leurs fidèles. Que faire de ces bâtiments quand leur fonction spirituelle s’éteint ? Les transformer en lieux de culture, en places publiques couvertes, en espaces de débat ? Dans une région marquée par l’effondrement de son industrie et la réinvention de ses villes, Manifesta 16 en fait un laboratoire à ciel ouvert pour imaginer comment l’architecture peut encore retisser du lien et réinventer le commun.
Crédit image : Penique Productions/Sergi Arbusà, Möglich Unvorhersehbar, 2026. Photo : Manifesta 16 Ruhr / Ivan Erofeev © Penique Productions/Sergi Arbusà.
Venise
09 mai – 22 novembre 2026
Pour Le Grand Tour, c’est un retour particulier. Venise reste un point d’ancrage – la ville du premier numéro, celle où tout a commencé. Cette 61e édition porte l’absence de Koyo Kouoh, disparue subitement en mai 2025, en pleine préparation de la biennale. Mais son projet, In Minor Keys, reste intact : une biennale pensée en « tons mineurs », inspirée des écrits de James Baldwin, d’Édouard Glissant ou de Toni Morrison, où le murmure, l’intime et l’improvisation prennent le pas sur le spectaculaire. Une réponse sensible aux crises, qui mise sur les gestes poétiques et les imaginaires partagés. Autour de l’exposition internationale, la biennale bat son plein, avec sa centaine de pavillons, dans la ferveur des Giardini, de l’Arsenal et des îles alentour. Et puis, il y a aussi Venise by night… On est heureux d’y être. Pour retrouver la gentillesse des Vénitiens ; pour sentir à nouveau ce mélange unique de densité, de grâce – et de chaos total.
Crédit image : Ranjani Shettar, Under the same sky (détail), 2026. Photo : Andrea Avezzù © Courtesy de l’artiste.
Retrouvez notre 3e numéro sur la Biennale de Sydney
Pour son troisième numéro, Le Grand Tour fait venir la Biennale de Sydney à tous ceux qui n’iront pas.
À l’autre bout du monde, cette 25e édition, construite autour du thème Rememory, explore les enjeux de mémoire et de transmission, dans un contexte profondément marqué par les voix et les luttes des artistes des Premières Nations. Le Grand Tour vous propose une traversée intellectuelle et esthétique au cœur de cet événement.
Au programme : une préface signée Brook Andrew ; les portraits de Cannupa Hanska Luger, Lamia Joreige, Dread Scott, Nahom Teklehaimanot, Behrouz Boochani, Vernon Ah Kee, Hoda Afshar et CAMP… et de nombreuses conversations avec Nikesha Breeze, Ema Shin, Rose B. Simpson, Bouchra Khalili, les Ngurrara Artists et Bruce Johnson McLean, le commissaire des Premières Nations de la Fondation Cartier pour l’art contemporain. Ce numéro rassemble également les contributions de critiques et d’auteurs passionnés esquissant des itinéraires à travers les lieux emblématiques et plus confidentiels de la biennale.