Switch
Sydney College of the Arts
En face du Chau Chak Wing Museum, l’effervescence intellectuelle et artistique de l’université de Sydney se fait sentir. On s’y promène librement, l’œil curieux et l’esprit nostalgique de ces années d’apprentissage insouciantes et heureuses. À l’extérieur, des groupes d’étudiants se prélassent sur une pelouse fraîchement coupée. On les croise aussi dans les couloirs, affairés, échangeant dans diverses langues autour de dissertations à préparer. Les départements se succèdent : économie, informatique, droit, médecine… Au terme de ce dédale architectural, nichée entre deux bâtiments, se trouve la galerie d’art du Sydney College of the Arts. Durant les premières semaines de la biennale, elle accueille Switch, une exposition collective curatée par Cherine Fahd et Julie Rrap, dans laquelle artistes et écrivains croisent leur médium, laissant le soin aux artistes d’écrire et aux écrivains de créer. Cinq duos – Debra Phillips et Anthony Gardner, Patrick Pound et Daniel Palmer, Julie Rrap et Anne Marsh, Cherine Fahd et George Alexander, Karla Dickens et Daniel Browning – se prêtent ainsi au jeu au terme d’une conversation engagée de longue date.
En résulte un ensemble d’œuvres surprenantes, difficiles à décrire tant leurs formes déjouent les attentes. Aux collages, photomontages, diaporamas, sculptures, cartes postales et autres archives s’associent des technologies conversationnelles actuelles, telles qu’iMessage et Zoom, à partir desquelles les artistes élaborent des œuvres où le rapport entre le langage et l’image se trouve déstabilisé. Il est inutile de chercher à tout comprendre, tout déchiffrer, au risque d’en sortir frustré ; mieux vaut se laisser porter par ces échanges artistiques inattendus et sibyllins, empreints de poésie et d’humour. À la sortie de l’exposition subsiste une part d’incompréhension, un je-ne-sais-quoi persistant qui donne envie d’y revenir.