Avant, pendant,
EVERYWHEN
Comment traduire un temps qui ne passe pas ? Comment nommer un monde où le passé n’est jamais derrière, où les histoires continuent d’habiter les lieux, les corps, les œuvres ? En Australie, on parle d’everywhen pour tenter d’approcher une conception du temps qui résiste à la ligne droite – cette idée que le passé, le présent et l’avenir ne se succèdent pas, mais coexistent, s’entrelacent et forment un tout.
C’est dans cet espace-temps particulier que Bruce Johnson McLean travaille. Commissaire des Premières Nations de la Fondation Cartier pour l’art contemporain à la 25e Biennale de Sydney, il accompagne cette édition placée sous le signe de Rememory. Aux côtés de la directrice artistique Hoor Al Qasimi, il tisse les fils d’une conversation entre des artistes situés aux quatre coins du monde, et place au cœur du projet les voix, les cosmologies et les savoirs des Premières Nations.
À quelques semaines de l’ouverture, il nous parle du climat politique australien, de son quotidien auprès des artistes, de ses longues journées à travers différents fuseaux horaires, et aussi la joie très concrète de recevoir, au petit matin, l’image d’une œuvre enfin achevée. Entre tensions nationales et gestes de création, son travail tient dans cet équilibre : être là, soutenir, et faire en sorte que les œuvres puissent advenir, avec cette certitude chevillée au corps que la culture est un organisme vivant – et que son rôle est d’en prendre soin.


